22 juillet 2009
Pour une écologie de l’information
Les valeurs du jour sont la simplicité, l’authenticité, le naturel. Dans tous les secteurs, la recherche d’un développement durable a ouvert la chasse au superflu. La crise a fourni un argument supplémentaire à cette volonté de ne plus gaspiller du temps, de l’argent, de l’énergie. Bref, de revenir à l’essentiel.
Et si l’information s’offrait une cure du même genre ? Nous sommes abreuvés de nouvelles diverses et variées. On nous sommes tour à tour d’être émus, indignés, affolés par un faits-divers, un scandale politico-financier ou une injustice commise sous nos fenêtres ou à l’autre bout du monde. C’est d’ailleurs un vrai paradoxe : la crise de la presse intervient dans un univers saturé d’information. Mais on ne distingue plus l’essentiel de l’accessoire. On ne sait plus faire la part des choses entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. N’avez-vous jamais eu le sentiment d’être agressé par ce flot continu, d’avoir votre attention polluée par des images, des sons qui n’ont d’info que le nom ?
Le journalisme repose sur des techniques et un savoir-faire. Aller chercher l’information, la recouper, la faire vivre et la mettre en perspective est à la base de notre métier. Mais le journalisme est aussi une vocation. Nous avons tous cette envie ou ce rêve d’aider les hommes - par la circulation de l’information - à mieux se comprendre, à saisir qu’ils partagent une communauté de destin.
Or aujourd’hui on constate que trop d’information, tue l’information. Et le développement d’une certaine presse - que je qualifierais de « people-trash »- a contribué au nivellement par le bas et à la pollution des esprits. Il est urgent de revenir aux sources, de retrouver le sens de la hiérarchie de l’information en mettant de côté les aspects purement marketing. Si la presse est parfois critiquée, voire conspuée, c’est d’abord de notre faute ! A nous de revenir à l’essentiel, de résister à la facilité, de faire la guerre au « gaspi ». De faire du développement durable de l’information.
07 juillet 2008
Ingrid libre ! edito repris par la presse Colombienne
Mon édito du 3 juillet repris par un journal Colombien.
03 juillet 2008
Ingrid libre !
La libération d’Ingrid Betancourt est une très bonne nouvelle pour sa famille, ses amis, et pour la Colombie toute entière.
J’ai fait la connaissance d’Ingrid quelques semaines avant son enlèvement alors qu’elle se trouvait à Paris pour quelques jours. Elle racontait sa campagne, les risques qu’elle prenait, les intimidations dont elle était l’objet, avec une douceur de voix et d’expression qui contrastait avec la brutalité du monde auquel elle était confrontée.
Le lendemain de son enlèvement nous avons organisé la première conférence de presse avec Thierry Consigny grâce au soutien d’Isabelle Bourdet du Press Club de France. Les journalistes présents parmi lesquelles Olivier Weber du Point, se comptaient sur les doigts d’une main.
J’ai fait plus tard la connaissance de sa mère Yolanda au cours d’un dîner auquel était convié le père de Florence Aubenas signalée disparue en Irak depuis quelques jours. La mère d’Ingrid disait à cet homme dévoré d’inquiétude qu’il fallait se lever tous les matins avec une idée si petite soit-elle dans l’espoir d’accélérer une libération improbable. Yolanda a tenue sept ans et lorsque je l’ai interviewé l’an dernier à Bogota, elle me disait sa certitude que sa fille était encore vivante alors que nous n’avions pas de nouvelles d’Ingrid depuis des années.
Si j’ai tenté de partager bien modestement le combat de la famille d’Ingrid en participant à quelques manifestations, je n’ai pas toujours compris leur acharnement à l’égard du président Uribe. Pour eux comme pour de nombreux médias, Alvaro Uribe était le diable. Et Chavez un Saint. L’histoire de ces derniers mois a remis les pendules à l’heure. C’est une intervention militaire contre les FARC qui a permis de libérer Ingrid. Quant au compatissant Hugo Chavez, le contenu des disques d’ordinateurs saisis sur la dépouille de Raul Reyes ont révélé sa proximité avec la guérilla marxiste. Rappelons que le porte-parole des FARC a été tué lors d’un raid de l’armée colombienne en Equateur. L’option militaire a donc été décisive et l’otage libéré s’en est d’ailleurs félicité dès hier soir.
On ne peut rien reprocher décemment à une famille folle d’inquiétude. On peut en revanche regretter que la diplomatie française, Nicolas Sarkozy en tête, ait épousé sa thèse au lieu de garder le sang froid et la distance qui permet aux Etats de rester rationnels et efficaces. Cette affaire n’est qu’un avatar de plus de la démocratie compassionnelle.
Je peux d’ailleurs aujourd’hui raconter une scène dont je fus acteur et témoin. Il y a un an et demi j’ai été invité à dîner par Philippe Douste-Blazy qui me fit une drôle de proposition. Celle – puisque je m’apprêtais à partir en reportage en Colombie – d’être porteur auprès des FARC d’une lettre signée de lui. Une lettre par laquelle il s’engageait à tout faire pour rayer l’organisation marxiste de la liste des groupes considérés comme terroristes par l’Union Européenne. A la sortie, je bombais le torse me prenant pour James Bond. Cinq minutes plus tard je me demandais si l’on ne m’avait pas pris pour un con. A l’époque Raul Reyes était difficilement visible, et en admettant que je l’atteigne il y avait neuf chances sur dix pour que je devienne otage à mon tour.
On aura l’occasion dans les prochaines semaines d’entendre Ingrid s’exprimer sur son drame et sur la manière dont on a mené les tractations pour la sortir de cet enfer. Il faudra l’entendre – et que tous ceux qui ont cloué au pilori le régime colombien au nom d’une certaine hémiplégie française l’entendent. En France, une guérilla marxiste ne peut être totalement mauvaise. En revanche un président libéral et pro américain est forcément un salaud. Tant et si bien qu’un bon nombre de nos compatriotes finissaient par croire qu’Ingrid était retenue par le gouvernement colombien !
Bien évidemment cela indisposait les colombiens à commencer par le premier d’entre eux. J’avais interrogé le Président Uribe quelques jours après l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Sa réponse avait été ironique : « Vous voulez parler de la franco-colombienne Ingrid Betancourt ? J’imagine qu’en France, Monsieur Sarkozy a lui aussi beaucoup de problème avec les kidnappings ? ». Le malentendu au plus au sommet de l’Etat français et colombien n’a pas facilité le règlement de cette tragédie.
Si Ingrid veut reprendre un rôle important dans la vie politique colombienne elle va devoir rendre à César ce qui lui revient. Chose qu’elle a commencé à faire dès hier soir.
Bernard de La Villardière
15 janvier 2008
L'information est-elle soluble dans le people?
Les grands hebdomadaires français d’information que sont l’Express, le Point et le Nouvel Observateur ont choisi de faire la Une sur l’intimité du Président de la République. Révélations
, vraies ou fausses confidences, petits et grands déballages, la communication autour de Nicolas Sarkozys’emballe. Celui qui devait entrer dans l’histoire comme le Président qui réformerait la France apparaît surtout comme le premier Président « people ». C’est l’avatar moderne de la personnalisation du pouvoir. De Gaulle fondait sa légitimité dans son rôle lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Nicolas Sarkozy est d’abord l’homme des conquêtes féminines. Il fait d’ailleurs la Une de Gala pour la quatrième fois consécutives.
Alors quelles peuvent être les conséquences pour le quinquennat actuel ? D’abord celle de brouiller le programme politique du Président. Ensuite de porter atteinte à sa crédibilité. Sa conférence de presse de début 2008 devait clore le chapitre des Unes de Gala et de Voici. Mais la machine « people » s’emballe. La cellule communication de l’Elysée est condamnée à faire semblant de contrôler un phénomène qui lui échappe. Ce déballage de tous les records – Gala fait cette semaine sa quatrième « couv » successives sur sa vie sentimentale – donne le sentiment dévastateur d’un Président qui s’intéresse davantage à son image et à ses amours qu’à son pays auquel il va avoir de plus en plus de mal à demander des sacrifices.
Et quelles conclusions tirer de ce feu d’artifice pour les médias ? Lors de la cérémonie de remise des prix des Femmes en Or à Courchevel, j’avais invité les personnes présentes à acheter un journal d’information « qui tente de les élever », à chaque fois qu’elles cédaient à la tentation d’acheter un journal « trash », « qui les rabaisse ». Hélas, Les hebdomadaires d’actualité de la semaine viennent de céder à l’air du temps. Comme la politique, l’information se dissout dans le people. Albert Du Roy vient de publier « la mort de l’information » chez Stock. Le titre lui aussi est dans l’air du temps.
Bernard de La Villardière
09 janvier 2008
Les 20 destins brisés que les Français n'oublieront jamais

Ce soir à 20h50 sur M6 retrouvez moi dans les 20 destins brisés que les Français n'oublieront jamais.
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