03 juillet 2008
Ingrid libre !
La libération d’Ingrid Betancourt est une très bonne nouvelle pour sa famille, ses amis, et pour la Colombie toute entière.
J’ai fait la connaissance d’Ingrid quelques semaines avant son enlèvement alors qu’elle se trouvait à Paris pour quelques jours. Elle racontait sa campagne, les risques qu’elle prenait, les intimidations dont elle était l’objet, avec une douceur de voix et d’expression qui contrastait avec la brutalité du monde auquel elle était confrontée.
Le lendemain de son enlèvement nous avons organisé la première conférence de presse avec Thierry Consigny grâce au soutien d’Isabelle Bourdet du Press Club de France. Les journalistes présents parmi lesquelles Olivier Weber du Point, se comptaient sur les doigts d’une main.
J’ai fait plus tard la connaissance de sa mère Yolanda au cours d’un dîner auquel était convié le père de Florence Aubenas signalée disparue en Irak depuis quelques jours. La mère d’Ingrid disait à cet homme dévoré d’inquiétude qu’il fallait se lever tous les matins avec une idée si petite soit-elle dans l’espoir d’accélérer une libération improbable. Yolanda a tenue sept ans et lorsque je l’ai interviewé l’an dernier à Bogota, elle me disait sa certitude que sa fille était encore vivante alors que nous n’avions pas de nouvelles d’Ingrid depuis des années.
Si j’ai tenté de partager bien modestement le combat de la famille d’Ingrid en participant à quelques manifestations, je n’ai pas toujours compris leur acharnement à l’égard du président Uribe. Pour eux comme pour de nombreux médias, Alvaro Uribe était le diable. Et Chavez un Saint. L’histoire de ces derniers mois a remis les pendules à l’heure. C’est une intervention militaire contre les FARC qui a permis de libérer Ingrid. Quant au compatissant Hugo Chavez, le contenu des disques d’ordinateurs saisis sur la dépouille de Raul Reyes ont révélé sa proximité avec la guérilla marxiste. Rappelons que le porte-parole des FARC a été tué lors d’un raid de l’armée colombienne en Equateur. L’option militaire a donc été décisive et l’otage libéré s’en est d’ailleurs félicité dès hier soir.
On ne peut rien reprocher décemment à une famille folle d’inquiétude. On peut en revanche regretter que la diplomatie française, Nicolas Sarkozy en tête, ait épousé sa thèse au lieu de garder le sang froid et la distance qui permet aux Etats de rester rationnels et efficaces. Cette affaire n’est qu’un avatar de plus de la démocratie compassionnelle.
Je peux d’ailleurs aujourd’hui raconter une scène dont je fus acteur et témoin. Il y a un an et demi j’ai été invité à dîner par Philippe Douste-Blazy qui me fit une drôle de proposition. Celle – puisque je m’apprêtais à partir en reportage en Colombie – d’être porteur auprès des FARC d’une lettre signée de lui. Une lettre par laquelle il s’engageait à tout faire pour rayer l’organisation marxiste de la liste des groupes considérés comme terroristes par l’Union Européenne. A la sortie, je bombais le torse me prenant pour James Bond. Cinq minutes plus tard je me demandais si l’on ne m’avait pas pris pour un con. A l’époque Raul Reyes était difficilement visible, et en admettant que je l’atteigne il y avait neuf chances sur dix pour que je devienne otage à mon tour.
On aura l’occasion dans les prochaines semaines d’entendre Ingrid s’exprimer sur son drame et sur la manière dont on a mené les tractations pour la sortir de cet enfer. Il faudra l’entendre – et que tous ceux qui ont cloué au pilori le régime colombien au nom d’une certaine hémiplégie française l’entendent. En France, une guérilla marxiste ne peut être totalement mauvaise. En revanche un président libéral et pro américain est forcément un salaud. Tant et si bien qu’un bon nombre de nos compatriotes finissaient par croire qu’Ingrid était retenue par le gouvernement colombien !
Bien évidemment cela indisposait les colombiens à commencer par le premier d’entre eux. J’avais interrogé le Président Uribe quelques jours après l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Sa réponse avait été ironique : « Vous voulez parler de la franco-colombienne Ingrid Betancourt ? J’imagine qu’en France, Monsieur Sarkozy a lui aussi beaucoup de problème avec les kidnappings ? ». Le malentendu au plus au sommet de l’Etat français et colombien n’a pas facilité le règlement de cette tragédie.
Si Ingrid veut reprendre un rôle important dans la vie politique colombienne elle va devoir rendre à César ce qui lui revient. Chose qu’elle a commencé à faire dès hier soir.
Bernard de La Villardière
15 janvier 2008
L'information est-elle soluble dans le people?
Les grands hebdomadaires français d’information que sont l’Express, le Point et le Nouvel Observateur ont choisi de faire la Une sur l’intimité du Président de la République. Révélations
, vraies ou fausses confidences, petits et grands déballages, la communication autour de Nicolas Sarkozys’emballe. Celui qui devait entrer dans l’histoire comme le Président qui réformerait la France apparaît surtout comme le premier Président « people ». C’est l’avatar moderne de la personnalisation du pouvoir. De Gaulle fondait sa légitimité dans son rôle lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Nicolas Sarkozy est d’abord l’homme des conquêtes féminines. Il fait d’ailleurs la Une de Gala pour la quatrième fois consécutives.
Alors quelles peuvent être les conséquences pour le quinquennat actuel ? D’abord celle de brouiller le programme politique du Président. Ensuite de porter atteinte à sa crédibilité. Sa conférence de presse de début 2008 devait clore le chapitre des Unes de Gala et de Voici. Mais la machine « people » s’emballe. La cellule communication de l’Elysée est condamnée à faire semblant de contrôler un phénomène qui lui échappe. Ce déballage de tous les records – Gala fait cette semaine sa quatrième « couv » successives sur sa vie sentimentale – donne le sentiment dévastateur d’un Président qui s’intéresse davantage à son image et à ses amours qu’à son pays auquel il va avoir de plus en plus de mal à demander des sacrifices.
Et quelles conclusions tirer de ce feu d’artifice pour les médias ? Lors de la cérémonie de remise des prix des Femmes en Or à Courchevel, j’avais invité les personnes présentes à acheter un journal d’information « qui tente de les élever », à chaque fois qu’elles cédaient à la tentation d’acheter un journal « trash », « qui les rabaisse ». Hélas, Les hebdomadaires d’actualité de la semaine viennent de céder à l’air du temps. Comme la politique, l’information se dissout dans le people. Albert Du Roy vient de publier « la mort de l’information » chez Stock. Le titre lui aussi est dans l’air du temps.
Bernard de La Villardière
09 janvier 2008
Les 20 destins brisés que les Français n'oublieront jamais

Ce soir à 20h50 sur M6 retrouvez moi dans les 20 destins brisés que les Français n'oublieront jamais.
Grégory Lemarchal
Elvis Presley
Romy Schneider
Claude François...
12 décembre 2007
Macao: casinos, mafias et clandestins
27 novembre 2007
Plongée au coeur de Marseille

21 novembre 2007
Les jusqu'au-boutistes de la lutte écolo
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06 novembre 2007
Bientôt sur mon blog

Corse: une île sous haute tension
11 octobre 2007
ADN: un débat génétiquement modifié
ADN: un débat génétiquement modifié édito de Bernard de La Villardière
Tous les éditos sur lesinfos.com
13 août 2007
L'énigme Cécilia
Nicolas Sarkozy fête ses 100 jours à l’Elysée par un « pique-nique » américain qui fait grand bruit. Il est le seul dirigeant étranger après Vladimir Poutine à avoir été reçu par Georges Bush à Kennebunkport, propriété des parents du président américain dans le New Hampshire. Faut-il s’en réjouir ou s’en agacer ? La décontraction affichée par les deux présidents est un symptôme de plus, qu’en matière de politique étrangère, l’image et les relations personnelles sont au moins aussi importantes que le fond. J’étais personnellement très choqué par la manière dont Jacques Chirac extériorisait – par de petites embrassades ou de grandes bourrades – sa complicité avec certains chefs d’Etat bien peu démocrates, qu’ils soient africains, chinois ou russes. Cet homme nous représentait et devait par définition préserver une certaine distance avec des hommes représentant des régimes tyranniques ou corrompus.
Nicolas Sarkozy partage visiblement avec son prédécesseur le goût des effusions. Mais elle colle davantage au personnage. Son style très direct est au service de la méthode : rapide et efficace.
Chirac était cynique, Sarkozy est un sentimental. C’est ce qui fait sa force et sa faiblesse. J’ai eu l’occasion de rencontrer
Nicolas Sarkozy ses derniers mois à plusieurs reprises. J’ai été frappé par cette énergie employée à réparer des blessures intimes sans doute héritées d’une enfance difficile. Il a un évident besoin d’être aimé, de plaire plus que de dominer. Les hommes de pouvoir sont souvent des hommes blessés. La sérénité est rarement l’ami des conquérants.
Nicolas Sarkozy est un romantique et Cécilia Sarkozy est son talon d’Achille. Grand séducteur, amateur de jolies femmes, le président de la République est visiblement très amoureux de son épouse. L’absence de cette dernière au déjeuner chez les Bush ne fait qu’attiser les rumeurs sur leurs relations mais aussi et surtout sur le rôle et sur les intentions de celle que l’on surnomme déjà « la captive de l’Elysée ». Va-t-elle restée à sa place de première dame de France ? Est-elle en dépression ? Cela expliquerait peut-être ses absences de dernières minutes à des rendez-vous importants que ce soit le soir de la victoire, au dîner du G8, au concert de Polnareff le 14 juillet et ce week-end chez les Bush. Cécilia Sarkozy est parti aux Etats-Unis avec ses deux meilleures amies du moment,
Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Elles travaillent toutes les deux dans le luxe. Elles sont belles et brillantes. Un compagnonnage idéal pour retrouver le goût de vivre et le sens du devoir –puisse-t-il parfois sembler trop lourd.
Il y a deux ans, j’ai déjeuné avec Cécilia Sarkozy souhaitant faire la connaissance de cette femme dont on connaissait l’influence sur le nouveau président de l’UMP. J’ai été frappé par le contraste entre son image de femme énergique et sa fragilité. Nous avons abordé différents sujets sur lesquelles elle s’empressait d’émettre un avis complet et définitif. Comme si elle souhaitait affirmer sa légitimité au-delà de son statut d’épouse. C’était quelques semaines avant son escapade américaine.
Cécilia sera-t-elle la Joséphine de Beauharnais de Sarko-Napoléon ? « Au fond, Cécilia est mon seul soucis » a confié son mari à quelques journalistes le soir du 14 juillet. Le comportement de la femme du Président – qui tranche avec celui de ses prédécesseurs – soulève en tous cas bien des questions. D’autant que son récent voyage à Tripoli lui donnait un quasi-statut de Ministre bis des Affaires Etrangères. Il est anormal d’ailleurs que les français n’aient pas eu davantage d’explication sur les raisons et le contenu de cette mission. Le très placide Time Magazine reproche cette semaine à la presse et à la gauche française d’avoir concentré leurs attaques sur les vacances dispendieuses du président français plutôt que sur le nébuleux « deal de Tripoli ». Que sait-on en effet des conditions dans lesquelles les infirmières bulgares ont été libérées ? Faut-il rendre à Kadhafi sa place d’interlocuteur respectable sachant qu’il a commis autant de crimes que Saddam Hussein ? La commission d’enquête parlementaire réclamée par les socialistes permettra peut-être d’y voir plus clair. A moins que Cécilia Sarkozy ne soit, le jour probable de son audition, victime d’une angine blanche ?







