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Le séjour américain de Nicolas Sarkozy ne fait pas la Une des journaux aux Etats-Unis. Même pas un entrefilet sauf évidemment dans la presse locale. Et le débat sur la sur exposition médiatique d’un président ferait sourire les américains, le leur étant sans arrêt sous le feu des questions. Georges Bush comme ses prédécesseurs tient au moins une conférence de presse par semaine. Les paparazzis s’intéressent assez peu à son cas.

Los Angeles - où je séjourne depuis quelques jours – est leur terrain de jeu favori. Au palmarès des stars traquées rien de nouveau sous le soleil d’Hollywood. Britney Spears tient toujours la corde aux côtés de Paris Hilton. J’étais venu au printemps dernier pour un Enquête Exclusive sur les méthodes de la presse « people » à Los Angeles. Ce sont des photographes européens qui ont donné le là de la chasse aux stars et notamment le français Régis Navarre, ancien correspondant du Monde ! Nous avions filmé les courses-poursuites insensées entre les chasseurs de stars et leurs proies, obligées de s’offrir un service d’ordre musclé. Ce petit jeu est devenu un vrai business. Les agences de paparazzis emploient souvent des immigrés sud-américains tout comme les agences de protection des VIP ! Mais les incidents les plus musclés opposent généralement les paparazzis entre eux dans leur chasse au Scoop.

J’avais interrogé un responsable de la police de Los Angeles sur les risques d’atteinte à l’ordre public que pouvait constituer cette nouvelle guerre sur papier glacé. La question l’avait fait sourire car la LAPD a bien évidemment d’autres chats à fouetter à commencer par la progression des gangs. Eux aussi se battent pour préserver leur territoire mais avec des méthodes plus musclées.

Le représentant de la police de Los Angeles m’avait par ailleurs indiqué qu’aux Etats-Unis aucune loi ne vous interdit de prendre des photos sur un endroit privé à condition que vous soyez vous-même sur un lieu public. En clair vous pouvez photographier et publier des photos de n’importe quelle star chez elle avec un bon objectif à condition d’être sur le trottoir juste en face. Et lorsque votre proie quitte son domicile elle est à vous !

Mais à Los Angeles le débat sur la protection de la vie privée a tout de même ressurgi ces jours-ci avec Google Map. Depuis des mois, de curieux véhicules hérissés d’appareils photos parcourent les rues de la ville pour immortaliser façades de maison, boutiques et lieux publics. Depuis lundi ces photos sont sur le Web. Mais ce mitraillage photographique « à l’aveugle » a également saisi des hommes et des femmes parfois tout à fait reconnaissables et dans des positions pas toujours « honorables » ou à leur avantage : un homme entrant dans un sex-shop, un autre urinant dans un lieu public, étudiantes faisant du top less sur la campus de Stanford… Comme le craint le Los Angeles Times : « cela risque de créer un nouveau sport : la chasse aux célébrités sur Google Maps ». La société a réagi en donnant la possibilité aux internautes de demander que les photos pouvant compromettre leur réputation soient retirées. Mais c’est parfois trop tard… et puis chacun sait que les ordinateurs ont « une très longue mémoire »…

Ce débat peut sembler anecdotique mais il le sera de moins en moins. Aux Etats-Unis on s’en rend compte tous les jours et de manière frappante lorsque l’on franchit les contrôles de police. On y laisse ses empreintes digitales et celle du fond de sa rétine. Tout cela est stocké dans une gigantesque mémoire qui permet d’ores et déjà aux américains de ficher des dizaines de millions de citoyens du monde entier. Et ces contrôles risquent d’être renforcés dans les mois à venir d’un questionnaire y compris sur les aspects les plus intimes de votre vie. Big Brother is Wartching You !