Nicolas Sarkozy fête ses 100 jours à l’Elysée par un « pique-nique » américain qui fait grand bruit. Il est le seul dirigeant étranger après Vladimir Poutine à avoir été reçu par Georges Bush à Kennebunkport, propriété des parents du président américain dans le New Hampshire. Faut-il s’en réjouir ou s’en agacer ? La décontraction affichée par les deux présidents est un symptôme de plus, qu’en matière de politique étrangère, l’image et les relations personnelles sont au moins aussi importantes que le fond. J’étais personnellement très choqué par la manière dont Jacques Chirac extériorisait – par de petites embrassades ou de grandes bourrades – sa complicité avec certains chefs d’Etat bien peu démocrates, qu’ils soient africains, chinois ou russes. Cet homme nous représentait et devait par définition préserver une certaine distance avec des hommes représentant des régimes tyranniques ou corrompus.

Nicolas Sarkozy partage visiblement avec son prédécesseur le goût des effusions. Mais elle colle davantage au personnage. Son style très direct est au service de la méthode : rapide et efficace.

Chirac était cynique, Sarkozy est un sentimental. C’est ce qui fait sa force et sa faiblesse. J’ai eu l’occasion de rencontrer

Nicolas Sarkozy ses derniers mois à plusieurs reprises. J’ai été frappé par cette énergie employée à réparer des blessures intimes sans doute héritées d’une enfance difficile. Il a un évident besoin d’être aimé, de plaire plus que de dominer. Les hommes de pouvoir sont souvent des hommes blessés. La sérénité est rarement l’ami des conquérants.

Nicolas Sarkozy est un romantique et Cécilia Sarkozy est son talon d’Achille. Grand séducteur, amateur de jolies femmes, le président de la République est visiblement très amoureux de son épouse. L’absence de cette dernière au déjeuner chez les Bush ne fait qu’attiser les rumeurs sur leurs relations mais aussi et surtout sur le rôle et sur les intentions de celle que l’on surnomme déjà « la captive de l’Elysée ». Va-t-elle restée à sa place de première dame de France ? Est-elle en dépression ? Cela expliquerait peut-être ses absences de dernières minutes à des rendez-vous importants que ce soit le soir de la victoire, au dîner du G8, au concert de Polnareff le 14 juillet et ce week-end chez les Bush. Cécilia Sarkozy est parti aux Etats-Unis avec ses deux meilleures amies du moment,

Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Elles travaillent toutes les deux dans le luxe. Elles sont belles et brillantes. Un compagnonnage idéal pour retrouver le goût de vivre et le sens du devoir –puisse-t-il parfois sembler trop lourd.

Il y a deux ans, j’ai déjeuné avec Cécilia Sarkozy souhaitant faire la connaissance de cette femme dont on connaissait l’influence sur le nouveau président de l’UMP. J’ai été frappé par le contraste entre son image de femme énergique et sa fragilité. Nous avons abordé différents sujets sur lesquelles elle s’empressait d’émettre un avis complet et définitif. Comme si elle souhaitait affirmer sa légitimité au-delà de son statut d’épouse. C’était quelques semaines avant son escapade américaine.

Cécilia sera-t-elle la Joséphine de Beauharnais de Sarko-Napoléon ? « Au fond, Cécilia est mon seul soucis » a confié son mari à quelques journalistes le soir du 14 juillet. Le comportement de la femme du Président – qui tranche avec celui de ses prédécesseurs – soulève en tous cas bien des questions. D’autant que son récent voyage à Tripoli lui donnait un quasi-statut de Ministre bis des Affaires Etrangères. Il est anormal d’ailleurs que les français n’aient pas eu davantage d’explication sur les raisons et le contenu de cette mission. Le très placide Time Magazine reproche cette semaine à la presse et à la gauche française d’avoir concentré leurs attaques sur les vacances dispendieuses du président français plutôt que sur le nébuleux « deal de Tripoli ». Que sait-on en effet des conditions dans lesquelles les infirmières bulgares ont été libérées ? Faut-il rendre à Kadhafi sa place d’interlocuteur respectable sachant qu’il a commis autant de crimes que Saddam Hussein ? La commission d’enquête parlementaire réclamée par les socialistes permettra peut-être d’y voir plus clair. A moins que Cécilia Sarkozy ne soit, le jour probable de son audition, victime d’une angine blanche ?