Blog officiel de Bernard de La Villardière

Le blog officiel de Bernard de La Villardière, journaliste et présentateur de l'émission enquête exclusive diffusée le dimanche soir sur M6.

11 octobre 2007

ADN: un débat génétiquement modifié

ADN: un débat génétiquement modifié édito de Bernard de La Villardière

Tous les éditos sur lesinfos.com

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13 août 2007

L'énigme Cécilia

Nicolas Sarkozy fête ses 100 jours à l’Elysée par un « pique-nique » américain qui fait grand bruit. Il est le seul dirigeant étranger après Vladimir Poutine à avoir été reçu par Georges Bush à Kennebunkport, propriété des parents du président américain dans le New Hampshire. Faut-il s’en réjouir ou s’en agacer ? La décontraction affichée par les deux présidents est un symptôme de plus, qu’en matière de politique étrangère, l’image et les relations personnelles sont au moins aussi importantes que le fond. J’étais personnellement très choqué par la manière dont Jacques Chirac extériorisait – par de petites embrassades ou de grandes bourrades – sa complicité avec certains chefs d’Etat bien peu démocrates, qu’ils soient africains, chinois ou russes. Cet homme nous représentait et devait par définition préserver une certaine distance avec des hommes représentant des régimes tyranniques ou corrompus.

Nicolas Sarkozy partage visiblement avec son prédécesseur le goût des effusions. Mais elle colle davantage au personnage. Son style très direct est au service de la méthode : rapide et efficace.

Chirac était cynique, Sarkozy est un sentimental. C’est ce qui fait sa force et sa faiblesse. J’ai eu l’occasion de rencontrer

Nicolas Sarkozy ses derniers mois à plusieurs reprises. J’ai été frappé par cette énergie employée à réparer des blessures intimes sans doute héritées d’une enfance difficile. Il a un évident besoin d’être aimé, de plaire plus que de dominer. Les hommes de pouvoir sont souvent des hommes blessés. La sérénité est rarement l’ami des conquérants.

Nicolas Sarkozy est un romantique et Cécilia Sarkozy est son talon d’Achille. Grand séducteur, amateur de jolies femmes, le président de la République est visiblement très amoureux de son épouse. L’absence de cette dernière au déjeuner chez les Bush ne fait qu’attiser les rumeurs sur leurs relations mais aussi et surtout sur le rôle et sur les intentions de celle que l’on surnomme déjà « la captive de l’Elysée ». Va-t-elle restée à sa place de première dame de France ? Est-elle en dépression ? Cela expliquerait peut-être ses absences de dernières minutes à des rendez-vous importants que ce soit le soir de la victoire, au dîner du G8, au concert de Polnareff le 14 juillet et ce week-end chez les Bush. Cécilia Sarkozy est parti aux Etats-Unis avec ses deux meilleures amies du moment,

Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Elles travaillent toutes les deux dans le luxe. Elles sont belles et brillantes. Un compagnonnage idéal pour retrouver le goût de vivre et le sens du devoir –puisse-t-il parfois sembler trop lourd.

Il y a deux ans, j’ai déjeuné avec Cécilia Sarkozy souhaitant faire la connaissance de cette femme dont on connaissait l’influence sur le nouveau président de l’UMP. J’ai été frappé par le contraste entre son image de femme énergique et sa fragilité. Nous avons abordé différents sujets sur lesquelles elle s’empressait d’émettre un avis complet et définitif. Comme si elle souhaitait affirmer sa légitimité au-delà de son statut d’épouse. C’était quelques semaines avant son escapade américaine.

Cécilia sera-t-elle la Joséphine de Beauharnais de Sarko-Napoléon ? « Au fond, Cécilia est mon seul soucis » a confié son mari à quelques journalistes le soir du 14 juillet. Le comportement de la femme du Président – qui tranche avec celui de ses prédécesseurs – soulève en tous cas bien des questions. D’autant que son récent voyage à Tripoli lui donnait un quasi-statut de Ministre bis des Affaires Etrangères. Il est anormal d’ailleurs que les français n’aient pas eu davantage d’explication sur les raisons et le contenu de cette mission. Le très placide Time Magazine reproche cette semaine à la presse et à la gauche française d’avoir concentré leurs attaques sur les vacances dispendieuses du président français plutôt que sur le nébuleux « deal de Tripoli ». Que sait-on en effet des conditions dans lesquelles les infirmières bulgares ont été libérées ? Faut-il rendre à Kadhafi sa place d’interlocuteur respectable sachant qu’il a commis autant de crimes que Saddam Hussein ? La commission d’enquête parlementaire réclamée par les socialistes permettra peut-être d’y voir plus clair. A moins que Cécilia Sarkozy ne soit, le jour probable de son audition, victime d’une angine blanche ?

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08 août 2007

Google map

googlemap

Le séjour américain de Nicolas Sarkozy ne fait pas la Une des journaux aux Etats-Unis. Même pas un entrefilet sauf évidemment dans la presse locale. Et le débat sur la sur exposition médiatique d’un président ferait sourire les américains, le leur étant sans arrêt sous le feu des questions. Georges Bush comme ses prédécesseurs tient au moins une conférence de presse par semaine. Les paparazzis s’intéressent assez peu à son cas.

Los Angeles - où je séjourne depuis quelques jours – est leur terrain de jeu favori. Au palmarès des stars traquées rien de nouveau sous le soleil d’Hollywood. Britney Spears tient toujours la corde aux côtés de Paris Hilton. J’étais venu au printemps dernier pour un Enquête Exclusive sur les méthodes de la presse « people » à Los Angeles. Ce sont des photographes européens qui ont donné le là de la chasse aux stars et notamment le français Régis Navarre, ancien correspondant du Monde ! Nous avions filmé les courses-poursuites insensées entre les chasseurs de stars et leurs proies, obligées de s’offrir un service d’ordre musclé. Ce petit jeu est devenu un vrai business. Les agences de paparazzis emploient souvent des immigrés sud-américains tout comme les agences de protection des VIP ! Mais les incidents les plus musclés opposent généralement les paparazzis entre eux dans leur chasse au Scoop.

J’avais interrogé un responsable de la police de Los Angeles sur les risques d’atteinte à l’ordre public que pouvait constituer cette nouvelle guerre sur papier glacé. La question l’avait fait sourire car la LAPD a bien évidemment d’autres chats à fouetter à commencer par la progression des gangs. Eux aussi se battent pour préserver leur territoire mais avec des méthodes plus musclées.

Le représentant de la police de Los Angeles m’avait par ailleurs indiqué qu’aux Etats-Unis aucune loi ne vous interdit de prendre des photos sur un endroit privé à condition que vous soyez vous-même sur un lieu public. En clair vous pouvez photographier et publier des photos de n’importe quelle star chez elle avec un bon objectif à condition d’être sur le trottoir juste en face. Et lorsque votre proie quitte son domicile elle est à vous !

Mais à Los Angeles le débat sur la protection de la vie privée a tout de même ressurgi ces jours-ci avec Google Map. Depuis des mois, de curieux véhicules hérissés d’appareils photos parcourent les rues de la ville pour immortaliser façades de maison, boutiques et lieux publics. Depuis lundi ces photos sont sur le Web. Mais ce mitraillage photographique « à l’aveugle » a également saisi des hommes et des femmes parfois tout à fait reconnaissables et dans des positions pas toujours « honorables » ou à leur avantage : un homme entrant dans un sex-shop, un autre urinant dans un lieu public, étudiantes faisant du top less sur la campus de Stanford… Comme le craint le Los Angeles Times : « cela risque de créer un nouveau sport : la chasse aux célébrités sur Google Maps ». La société a réagi en donnant la possibilité aux internautes de demander que les photos pouvant compromettre leur réputation soient retirées. Mais c’est parfois trop tard… et puis chacun sait que les ordinateurs ont « une très longue mémoire »…

Ce débat peut sembler anecdotique mais il le sera de moins en moins. Aux Etats-Unis on s’en rend compte tous les jours et de manière frappante lorsque l’on franchit les contrôles de police. On y laisse ses empreintes digitales et celle du fond de sa rétine. Tout cela est stocké dans une gigantesque mémoire qui permet d’ores et déjà aux américains de ficher des dizaines de millions de citoyens du monde entier. Et ces contrôles risquent d’être renforcés dans les mois à venir d’un questionnaire y compris sur les aspects les plus intimes de votre vie. Big Brother is Wartching You !

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26 juillet 2007

A quoi servent les journalistes ?

presse

Je suis en Californie pour quelques jours de vacances en famille. L’occasion de zapper sur les chaînes américaines et notamment les journaux du matin. J’ai pu voir les meilleurs moments de cette première sur CNN : associée à la plateforme Youtube, la chaîne d’info en continu a permis à des citoyens d’envoyer leurs questions sur vidéos et d’interroger directement les candidats démocrates pour la course à la Maison Blanche. 3 000 questions ont été enregistrés sur webcam et envoyés à Youtube. Trente-neuf d’entre elles ont été retenues. Et c’est la rédaction de CNN qui a opéré la sélection. Difficile de se passer des journalistes ! Un observateur américain a d’ailleurs noté que le présentateur – Anderson Cooper – a posé 42 questions à lui seul ! Patrick Poivre d’Arvor était resté plus effacé dans « J’ai une question à vous poser » sur TF1 l’hiver dernier ! Lundi soir sur CNN, les huit candidats à l’investiture démocrate - dont Barak Obama et Hillary Clinton - n’ont pas vraiment été déstabilisés par cet exercice de pseudo démocratie directe. Ils sont restés très « langue de bois », que ce soit pour évoquer le mariage « gay », le port d’arme ou le Darfour. On a tout de même sourit des trouvailles des internautes : la question sur le réchauffement climatique était posée par un bonhomme de neige !

Le débat sur le rôle et la place des journalistes bat son plein aux Etats-Unis comme en Europe. A des niveaux différents, Internet et « people » ont changé la donne.

Internet d’abord, qui permet à tout le monde d’avoir accès à l’information ou même de devenir lui-même producteur d’info. Dés lors, a-t-on encore besoin des journalistes ? Hier matin dans le San Francisco Chronicle, Kathleen Parker s’interrogeait sur le sérieux de certains témoignages anonymes auxquelles Internet offre une audience inespérée. Ainsi depuis quelques mois, le New Republic édite le journal d’un soldat américain en Irak. A le lire, tous les GI’s en Irak sont des monstres. Ils violent, tuent tout ce qui bougent et jouent au foot avec des crânes d’enfants retrouvés sur des charniers. Le soldat qui raconte ses horreurs veut garder l’anonymat. Des choses terribles se passent tous les jours en Irak. Mais il est curieux qu’un soldat soit parvenu à être le témoin de tant de crimes de guerre. Interpellé sur ce point, le journal dit mener une enquête pour vérifier le sérieux de son informateur. Si la crédibilité de ce témoignage n’a pas été contestée à ce jour c’est qu’elle conforte notre aversion à l’égard de ce conflit. Mais cela suffit-il à fonder la véracité d’un récit ? Comme l’écrit Kathleen Parker, on a tendance à croire ce que l’on veut croire. C’est ainsi que les théories du complot trouvent sur Internet autant de résonance. La complexité du monde encourage le manichéisme et la paresse. « Le public ne s’intéresse plus à la recherche de la vérité, au mieux il s’en divertit, au pire elle l’ennuie, car il se persuade qu’elle ne lui est pas accessible » (Marc Dugain – La malédiction d’Edgar). C’est en effet un des drames de l’époque : plus il y a de moyens de s’informer, plus on se réfugie dans les solutions simples perdant au passage tout sens critique. C’est humain : on recherche ce qui nous conforte dans nos préjugés, davantage que ce qui risque de nous amener à réviser nos jugements. Le journaliste doit par essence se défier de ce travers. Son premier ennemi, c’est lui-même. Et il faut la force d’une vocation et de l’expérience pour parvenir à s’en défaire.

L’autre interrogation concernant le métier de journaliste est liée au poids de ce phénomène que l’on appelle le « people ». Fin juin, une journaliste de la chaîne américaine MSNBC a refusé d’ouvrir son journal par la sortie de prison de Paris Hilton. Les deux co-présentateurs se faisant insistant, elle a tenté de mettre le feu à son conducteur avant de l’expédier dans

la broyeuse. La vidéo de l’incident a fait un tabac sur Youtube. Mira Brzezinski a reçu des dizaines de milliers de messages de sympathie. Mais ce jour-là, Paris Hilton a monopolisé les Unes un peu partout dans le monde.

Il faut souhaiter que les journalistes continuent de résister aux pressions de cette idéologie sournoise que sont le cynisme et l’argent roi. Il n’y a pas de journaux sans lecteurs. Mais la seule recherche de l’audience condamne un journal et son public à mourir de froid.

Jean-François Revel disait du journalisme que c’était le plus jeune métier du monde Un trait d’humour plein de bon sens et tout à fait d’actualité.

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19 juin 2007

Bogota: le combat contre l'oubli - Edito à retrouver sur lesinfos.com

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Bogota. C’est mon premier voyage en Colombie. J’ai emporté « Bogota Jungle » de Mylène Sauloy. Elle décrivait une ville attachante mais livrée à la violence, à l’arbitraire. Avec ce que cet air qui sent le soufre peut avoir d’envoûtant… même s’il est plus rare à 2 600 mètres d’altitude. Depuis quelques années, la criminalité a reculé de manière spectaculaire. Policiers et militaires sont très présents – surtout dans les quartiers chics qui n’ont rien à envier au Quartier Latin. Mais le Quai d’Orsay continue de mettre la Colombie sur la liste noire des pays non recommandés aux ressortissants français. Le cas si douloureux d’Ingrid Betancourt reste l’obsession de la France. Nicolas Sarkozy ne vient-il pas de recevoir sa famille à l’Elysée au premier jour de sa prise de fonction ? Je me souviens d’un coup de fil de Dominique de Villepin – alors au Quai d’Orsay – me recommandant Astrid, la soeur d’Ingrid qui venait d’arriver à Paris. J’avais connu Ingrid à Paris quelques temps avant son enlèvement grâce à mes amis des Ouvriers du Paradis et notamment de Thierry Consigny. Après son enlèvement, nous avions très vite mobilisé les journalistes grâce au Press Club.

Il y a un an une chaîne m’a proposé de faire une enquête sur les ratages de la diplomatie française dans le dossier Ingrid Betancourt. Mais mon attachement à cette famille m’aurait empêché toute analyse objective. Je ne voulais pas prendre le risque d’aviver des douleurs si profondes.

A Bogota, j’ai rencontré Yolanda Poulecio, la mère d’Ingrid. J’ai pu vérifier chez cette femme si belle et élégante, un des mystére de la nature humaine. Cette capacité qu’ont certains êtres à rester dignes dans le malheur. Il y a deux ans, j’avais dîné avec elle et le Père de Florence Aubenas chez Marthe de La Taille. Un cruel hasard a voulu que deux jours avant ce rendez-vous, l’envoyée spécial de Libération ait été enlevée en Irak. Ce soir-là, le Père de Florence était muré dans son angoisse. Mais son regard n’en laissait rien paraître. Il écoutait avec bienveillance et humilité les conseils de Yolanda: « Ne vous levez jamais le matin sans avoir décidé de quelle initiative vous prendrez dans la journée pour tenter d’obtenir la libération de votre fille » Tenir par l’action sans relâche. Le moindre petit geste qui fait avancer sa cause, si futile soit-il ! Cela ne diminue pas la douleur mais cela permet de rester debout, d’espérer. Une hygiène de vie autant qu’une stratégie.

Yolanda m’a fait visiter son foyer pour enfant dans un quartier pauvre de Bogota. Ils se pressaient autour d’elle pour montrer leurs dessins. Mais ils étaient tout aussi avides d’attraper nos mains, d’échanger un regard, un mot. Le bureau de Yolanda est d’une grande simplicité. Nous avons fait une interview pour Enquête Exclusive: « Ingrid est vivante, je le sens dans mon cœur » Et on la cru bien sûr malgré quatre ans de silence. Deux jours plus tard, un otage des Farcs, qui était parvenu à s’enfuir, confirmait qu’il avait été détenu avec elle. Qu’elle avait tenté de s’évader à cinq reprises. UN détail qui accréditait la véracité de son récit car cela est tout à fait dans son genre: déterminée, rebelle, courageuse.

Dans l’après-midi ce jour-là, je rencontrais un ex-otage des Farcs. Il est aujourd’hui ministre des Affaires Etrangères. Les titres, le pouvoir, ne m’ont jamais impressionné. La douleur, oui. Comme le matin même avec Yolanda, je suis intimidé. Je suis assis dans l’anti-chambre de vieux palais du centre si coloré de Bogota. Les rayons de soleil viennent mordorer les boiseries du bureau du ministre au bout du couloir. La porte est restée ouverte. Sa silhouette résume l’homme: délicate, magnétique, toute de douleur et d’énergie contenue. L’énergie du survivant. Je pense à Jean-Claude Kaufman de retour de trois ans de captivité au Liban: « J’ai appris à distinguer l’essentiel de l’accessoire » disait-il dans une interview au Figaro Magazine peu après sa libération.

Arau nous reçoit avec chaleur et simplicité. Il a réuni quelques pièces à conviction de ses six ans de détention dans la jungle. Et notamment le journal tenu par sa femme avant qu’elle ne décide de le quitter. Ou plutôt de ne plus l’attendre. Il paraît lavé de l’intérieur par l’épreuve. Mais le regard est droit et pénétrant. Il me raconte sa femme qui l’a abandonné, ses enfants qu’il n’a pas vu grandir et puis cet ancien geôlier qu’il aime à retrouver parfois autour d’une bière près de son ministère. Sa capacité à faire de l’exercice physique sur un demi mètre carré grâce à six ans de pratique. Ses gardiens qui se moquent de lui quand il pleure de désespoir.

Les guérilleros des Farcs sont parfois très jeunes. Ils n’ont connu que la guerre, la jungle hostile et le message binaire de chefs devenus paranoïaques, schizophrènes, comme les membres d’ETA à force de vivre entre eux, coupés de la réalité dans la représentation d’un monde binaire. C’est le même processus que dans une secte. Les autres, ceux du monde extérieur n’existent plus. Il suffit d’un rien pour cacher chez un homme tout sentiment d’humanité. Je le quitte sur cet autre mystère et me promets de continuer de le vérifier ailleurs sur d’autres terrains. A commencer par le Darfour ma prochaine destination.

Bernard de La Villardière

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L'élégance - Edito à retrouver sur lesinfos.com

Il y a des mots frappés de désuétude que l'on aimerait remettre au goût du jour. L'élégance fait partie de ceux-là. Elégance dans l'attitude bien-sûr. Et pas seulement dans la manière d'assumer une défaite au golf ou au tennis.

J'ai récemment visité les camps de réfugiés du Darfour et un hôpital militaire américain soignant des blessés de la guerre d’Irak. Il y a un étonnant contraste entre leurs souffrances - et parfois leur déchéance physique -, et l'éclat de leur regard. Ils se racontent avec humilité. Mais on sent la force de caractère et la rectitude morale derrière le demi-sourire distant qui est l'une des marques de l'élégance. Ne pas se pousser du col. Ne pas la ramener.

Nos batailles sont moins exigeantes. Et engendrent des "stars" à leur mesure. Les médias leur donnent hélas une place inversement proportionnelle à leur utilité sociale ou leur profondeur philosophique. Le "people" fait profession d'inélégance. C'est pour lui une question de vie ou de mort. Sur l'échelle des valeurs, l'imposture a supplanté le don de soi.

La célébrité sans cause et la cruauté sans limite à l'avant-scène du théâtre social fait des dégâts considérables en coulisses dans l'univers des petits chefs et des mandarins. C'est le règne du chacun pour-soi, de l'abus de pouvoir et de la lâcheté. Il provoque souffrance et désespérance.

Le sens de l'honneur est une notion perdue. Va-t-on un jour provoquer des haussements d'épaule en implorant un peu d'élégance ? Faites le test.

Bernard de La Villardière

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Biographie de Bernard de La Villardière

bernard

Il est titulaire d'une maîtrise de Sciences Politiques (Nanterre-Paris X) et d'une licence de journalisme du CELSA. Il entame sa carrière comme reporter à FR3 Puy-de-Dôme en 1983 avant de faire ses premières armes à la radio, au micro d'Alouette FM, en Vendée, où il assure la présentation des journaux du matin.

L'année suivante, il rejoint le Journal de l'Île de la Réunion. Il retrouve les ondes en 1985 à Médi 1 radio méditerranée internationale – radio franco-marocaine installée à Tanger diffusant des informations en français et en arabe sur tout le Maghreb. L'occasion pour lui de traiter de grands dossiers de politique étrangère.

En 1987, Bernard de La Villardière participe au lancement de France Info avant de rejoindre RTL pour assurer, le week-end, la présentation des journaux du matin. Il y passera 7 ans, partageant son temps entre l'antenne et le reportage (révolution roumaine, guerre du Golfe, affaire du sang contaminé…).

Il participe au démarrage de LCI pour y assurer la présentation de journaux et l'animation du Journal du Monde. Il a également réalisé des reportages pour le magazine LMI et couvert les élections présidentielles russes en 96. Deux ans plus tard, Bernard de La Villardière intègre la rédaction d'Europe 1, aux côtés de Sylvain Attal, d'Yves Calvi et de Philippe Bès au titre de rédacteur en chef et présentateur de la tranche 7h00-8h00.

Bernard de La Villardière est également co-auteur avec Vincent Nouzille de L'anti-drogue (Seuil-collection A l'épreuve des faits).

Il rejoint M6 en septembre 1998 pour reprendre Zone interdite, le magazine de grand reportage et de société créé par Patrick de Carolis en mars 1993. En 2001, il a également présenté "ça me révolte".

Il est membre du conseil d'administration de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques. Il a créé sa maison de production "Ligne de front".

Il est maintenant présentateur de l'émission diffusé sur M6 télevisions tous les dimanches à 22h50 (heure francaise): "Enquete exclusive". Emission qui englobe des thèmes politiques, économiques, sociaux et culturels.

Source wikipédia

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Les infos: site d'actualité

lesinfos1

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Bernard.

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26 mars 2007

Blessures d'Irak!

Je viens de passer quelques jours aux Etats-Unis afin de préparer un numéro d’Enquête Exclusive sur les dommages collatéraux de la guerre en Irak. Il s’agit des dommages physiques et psychologiques chez tous ceux qui de prés ou de loin sont touchés par ce conflit. Les progrès de la médecine font que des victimes - qui n’auraient eu autrefois aucune chance de survie -, sont promises pour toujours à un séjour en hôpital. Que faire de ces blessés dont la souffrance renvoie au film si dérangeant « Johnny has got his gun ». Le Walter Reed, grand hôpital militaire de Washington a cru bon devant l’afflux des impotents de rouvrir des bâtiments annexes voués à la destruction. Une volée d’articles de l’excellent Washington Post a contraint l’administration américaine à plus de vigilance sur la manière dont sont traités les soldats revenus du front. Mais Il est question notamment du PTSD ou Post Traumatic Stress Disorder, ce fameux syndrome dont sont victimes les vétérans de toutes les guerres. Et tout particulièrement ceux des guerres modernes. Des guerres sans front, des guerres menées contre un ennemi invisible qui prend la forme d’IED ou Improvised Explosive Devices. Les soldats américains en Irak ont pour première et parfois seule obsession leur propre sécurité. Rentrés chez eux, ils ont du mal à retrouver un équilibre. Ils sont irascibles, agoraphobes, anxieux. J’ai rencontré le sergent Stephen Edwards qui ose à peine quitter sa maison de San José en Californie pour aller faire des courses. Il a quitté l’armée mais il est incapable de reprendre une activité professionnelle. Ses affaires militaires sont dans la cave. Il a suivi une thérapie, s’est converti au bouddhisme et milite pour la création de villages de vétérans au sein desquels on pourrait soigner tous les traumatismes générés par la guerre. Comme Stephen, des milliers de vétérans d’Irak vivent reclus dans leur cauchemar et craignent tout contact avec le monde extérieur. Ils deviennent parfois agressifs à l’égard de leur entourage familial. Pas plus qu’il y a 35 ans lors de la guerre du Vietnam on ne se préoccupe de leur sort. Autre particularité du terrain irakien : le syndrome du bébé secoué. Le GI’s en Irak est protégé par sa tenue de kevlar et la paroi blindé de son véhicule. Mais le souffle de l’explosion provoque une secousse qui atteint tous les organes à commencer par le plus sensible d’entre eux : le cerveau. C’est ce que l’on appelle vulgairement le « syndrome du bébé secoué ».

J’ai suivi le 17 mars à Washington la manifestation contre la guerre en Irak organisé par des comités de mères de soldats tués en Irak. Plus de 3 200 américains morts en prés de quatre ans de guerre. J’ai été frappé de ce que les parents qui défilaient étaient souvent d’origine étrangère. J’ai rencontré le père d’un soldat originaire du Costa-Rica qui sillonne les Etats-Unis avec une réplique du cercueil de son fils mort à 21 ans. Il dépasse du coffre de son break, enveloppé du drapeau américain. Il veut mettre en garde d’autres jeunes américains qui pourraient – comme son fils – se laisser abuser par les promesses des sergents recruteurs. Ils assurent aux candidats qu’ils pourront, de retour du front, payer les études supérieures que leurs parents ne peuvent pas leur offrir.

Depuis quatre ans, 3 200 soldats américains ont été tués en Irak. C’est peu si l’on compare ce chiffre aux 58 000 morts de guerre du Vietnam. Mais c’est déjà trop pour les américains qui ont récemment donné la victoire aux Démocrates au Congrès. Une majorité d’entre eux estime aujourd’hui que la guerre n’a pas apporté plus de sécurité au pays. Bien au contraire. Mais les américains savent aussi que les « boys » ne pourront rentrer chez eux qu’une fois l’opération de police terminée. Et cela pourrait prendre encore des années. Les Etats-Unis n’en ont pas fini avec la guerre d’Irak et ses blessures.

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06 décembre 2006

La Licra

La Licra, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Anti-sémitisme réunissait l’autre jour à Paris quelques journalistes, des intellectuels et des militants des Droits de l’Homme pour signifier leur solidarité à Robert Redeker, ce professeur de philosophie de Toulouse frappé par une « fatwa » après un point de vue publié dans le Figaro sur Mahomet et le Coran. Robert Redeker a fait l’objet d’appels au meurtre sur des sites « djihadistes ». Il est sous protection des forces de l’ordre et change souvent d’adresse. Son fils, marié et père de famille a du également déménager craignant lui aussi pour les siens.

A la tribune, les intervenants s’accordaient à dénoncer cette « maladie » de la pensée qui a conduit un ministre, un syndicaliste et quelques éditorialistes à prendre leur distance avec les propos qui ont valu à Redeker sa condamnation à mort. Ce n’est que dans un second temps qu’ils se sont indigné de la sentence qui le frappait. Au nom de la tolérance, on refuse ainsi de défendre la liberté de pensée. Est-il trop tard ? Est-ce la peur d’ »un fascisme vert qui vient » qui conduit certains esprits à succomber à la tentation de Münich ?

« La menace de mort a été banalisée » (Caroline Forrest, auteur de « La tentation obscurantiste ») « tous les mois nous vivons en Europe des affaires de l’importance de l’affaire Rushdie ». Tout cela sur fond de « neutralisme de bon aloi des cabinets ministériels » couvrant difficilement « un assourdissant silence » ( Jean-Philippe Moinet de l’Observateur des Extrémisme)… et le consternant regard de Chimène de certaines associations de gauche pour les intégristes.

Dans un message aux intervenants, Robert Redeker a souhaité être le dernier en France à qui cela arrive. A entendre les interventions de ces observateurs de la vie publique,  rien n’est moins certain.

La démocratie en Europe manifeste des signes de faiblesse inquiétants: montée du terrorisme, de l’extrémisme communautaire et des populisme… J’ai décidé d’adhérer à la Licra. Je suis convaincu que le prochain combat important n’est pas le duel droite - gauche de la future présidentiel mais celui des Lumières contre l’Obscurantisme. Un combat que l’on croyait achevé en Europe. Tous les jours, les faits nous démontrent le contraire. Comme l’a rappelé un intervenant « l’éducation à la liberté est belle et bien une éducation ». Voici revenu le temps où le mot de Lamartine - cité par Maître Christian Charrier Bournazel - reprend tout son sens : « Je suis concitoyen de tout homme qui pense que la liberté, c’est son pays ».

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